Accueil > Théologie > Discuter avec un fondamentaliste (2)

Discuter avec un fondamentaliste (2)

samedi 30 novembre 2013, par Freyr

Suite du précédent article sur les réponses concernant l’historicité de la bible.

Une deuxième réponse encore plus facile à démonter est la charge de la preuve. En effet, face à l’absence de preuves hors des évangiles (voir l’implacable synthèse de Paul-Eric Blanrue sur le site du cercle zététique), le chrétien va vite vous dire : "Ah mais c’est la charge de la preuve qui repose sur vous. A vous de prouver que Jésus n’a pas existé ni fait de miracles".

Premièrement, prouver que quelque chose n’existe pas n’a aucun sens. En sciences, on cherche toujours à prouver la réalité physique d’une affirmation. Il est impossible de prouver l’inexistence de quelque chose. Si demain quelqu’un invente une théorie mettant en oeuvre une nouvelle particule élémentaire parce qu’elle permet de comprendre des phénomènes physiques jusque là inexpliqués ou mal expliqués, tout sera mis en oeuvre pour prouver l’existence de cette particule, personne n’essaiera de prouver sa non-existence. Non-existence qui sera d’ailleurs de fait tant qu’aucune preuve expérimentale ne sera venue étayer cette théorie.

Enfin, il est important de rappeler qu’un principe de base en histoire et en sciences en général (à l’exception de l’origine de l’univers) c’est la stabilité des lois et des phénomènes physiques : la loi de la gravitation est la même aujourd’hui qu’il y a 2 000 ans, les lois d’oxydo-réductions aussi. En résumé l’eau ça mouille et le feu ça brûle aujourd’hui, comme hier et comme demain.
A partir du moment où on accepte ce principe de base, c’est bien ceux qui proclament un changement des lois physiques (un miracle) dans l’Histoire qui doivent en prouver la réalité. La charge de la preuve repose donc bien sur ceux qui prennent la bible littéralement (c’est vrai pour Jésus, c’est vrai pour Josué arrêtant la course du soleil [1], etc).

Si on n’accepte pas ce principe de base, dans ce cas il faut accepter toutes les affirmations de tous les livres "sacrés" hors le dogmatique du camp d’en face n’accepte évidemment que les affirmations de son propre bouquin.


[1Josué 10, 12-14